Qui n’a jamais piloté un projet d’envergure en tant que Chef de Projet ne peut mesurer l’engagement, la résilience et la multitude de compromis que cette fonction exige.
Entre les exigences contradictoires, les contraintes techniques et budgétaires, sans oublier les egos surdimensionnés, il est aisé d’y perdre son énergie et sa bonne humeur. Pourtant, paradoxalement, il existe une profonde satisfaction à mener une telle entreprise à son terme, sans avoir cédé à l’abandon ni laissé paraître sa frustration face aux absurdités rencontrées.
Bien souvent, la technique ou les imprévus inhérents au projet ne sont pas la source principale des tourments. La véritable complexité réside dans le nombre d’intervenants cherchant à exercer une influence. Chacun tente d’y graver son nom – mais au service de quelle histoire ? La sienne ou celle de l’entreprise ? – ajoutant des couches de complexité à une situation déjà intriquée, et se comportant en donneurs de leçons face à des chefs de projet qu’ils traitent parfois avec une condescendance infantilisante.
Le Chef de Projet ou Project Management Officer (PMO) endosse souvent le rôle du bouc émissaire idéal : en cas de succès, la gloire revient au management et aux parties prenantes ; en cas de difficultés ou de résultats mitigés, la responsabilité incombe systématiquement au PMO. Dès lors, pourquoi s’engager dans une telle aventure ?
Loin de tout masochisme, cette démarche s’appuie sur un parcours professionnel jalonné d’expériences et de recul face aux inconsistances, aux pessimistes et aux calculateurs. Une force intérieure rappelle alors qu’il ne s’agit ni du premier défi, ni du premier succès. Les beaux-parleurs et les tacticiens de tout bord ne sont que des accidents de parcours dans la grande histoire de l’entreprise.
Au fond, et sans présomption aucune, le PMO sait qu’il défend une cause noble. Il a la conviction d’atteindre les objectifs fixés, entouré de véritables professionnels, d’artisans dévoués et d’entreprises compétentes qui souhaitent fournir l’excellence. Tout le reste n’est que bruit.
Cependant, le PMO doit garder à l’esprit que « le ver est parfois dans le fruit ». Il lui appartient donc de prendre de la hauteur, de faire preuve de stoïcisme et de constater que, malgré tout, le verger demeure fertile.
Ce rôle constitue une école de vie et de résilience exceptionnelle, à condition de savoir doser ses efforts pour ne pas s’épuiser face à des enfantillages ou des remarques dignes d’une cour de récréation.
Si ces lignes peuvent sembler émaner d’un PMO frustré ou déçu, il n’en est rien. Elles confirment simplement une vérité : la technique est rarement le problème ; ce sont bien les facteurs humains qui constituent les plus grands freins.
Fort de ce constat et avec le recul nécessaire, nous ne pouvons qu’encourager les jeunes PMO à persévérer et à se confronter à ces situations. L’expérience reste la meilleure arme contre les donneurs de leçons et permet, surtout, de relativiser.
À tous les PMO et autres acteurs concernés : ce message est lancé sans rancune, avec un clin d’œil humoristique, n’en déplaise aux esprits chagrins.
Nous vous souhaitons un excellent été, une bonne lecture et plein succès dans vos projets.