Rétention versus Acquisition…

La plupart des spécialistes du marketing et les responsables de la stratégie financière le répètent : fidéliser ses clients coûte moins cher que d’en acquérir de nouveaux. Encore faut-il se donner les moyens de faire de la rétention un véritable outil de management — ce qui est encore loin d’être une réalité dans de nombreuses entreprises.

Nous avons tous, un jour, adhéré à un club, un groupe ou une organisation en tant que membre. Que se passe-t-il lorsque la relation entreprise–client semble « figée » par l’entreprise ? Bien souvent, plus grand-chose : un déséquilibre s’installe entre les avantages offerts aux membres existants et ceux destinés aux nouvelles « acquisitions », parfois de manière flagrante.

Bien que ce mécanisme soit parfaitement connu, il soulève un paradoxe économique : conserver ses clients — comme conserver ses collaborateurs — coûte nettement moins cher que de rechercher constamment de nouveaux profils. Loin de nous l’idée d’affirmer que l’arrivée de nouveaux clients ou talents serait néfaste ; elle est même indispensable, mais il convient de trouver un équilibre subtil entre acquisition et fidélisation, et surtout de reconnaître et de récompenser les clients comme les employés fidèles.

Les offres promotionnelles destinées aux nouveaux venus sont souvent nombreuses, car il faut marquer les esprits et se distinguer au sein d’une concurrence acharnée. Cette course en avant peut cependant devenir délétère et ne profite à l’entreprise que si ses marges sont suffisamment confortables pour absorber le coût de ces stratégies d’acquisition.

On observe cette logique dans les secteurs à forte valeur émotionnelle ou dans l’hyper-luxe : perdre un client ou un collaborateur y représente un coût marginal tant l’afflux de nouveaux « adhérents » est important. Autrement dit, le taux de rotation n’a que peu d’impact sur ces entreprises, qui le savent et en jouent.

Pour les entreprises plus traditionnelles, disposant de marges plus faibles, l’enjeu est tout autre. Leur attractivité repose sur des critères tels que la fiabilité, la reconnaissance et la stabilité — valeurs qui s’appliquent tout autant à la relation avec les clients qu’à celle avec les collaborateurs.

Nombre d’entreprises se félicitent de recruter de nouveaux talents, souvent attirés par des salaires ou avantages particulièrement généreux, tout en négligeant leurs ressources internes, pourtant précieuses. Elles les considèrent comme acquises, parfois à tort. Or la réputation d’une entreprise sur le marché du travail se construit discrètement : par les échanges entre amis, collègues, concurrents ou responsables RH.

La formation continue de qualité, la reconnaissance authentique tout au long de l’année — et non lors de la seule soirée du personnel, souvent plus formelle qu’utile —, un management attentif et une considération réelle pour les fidèles comme pour les collaborateurs sur le départ (car nul ne sait ce que l’avenir réserve) constituent autant de gages de stabilité.

Or, les processus RH de sortie sont encore trop souvent abrupts, peu empathiques, voire humiliants. Penser que les collaborateurs restants n’en perçoivent rien est l’une des erreurs de management les plus graves et les plus fréquentes.

Fidéliser clients et employés avec respect, fiabilité et reconnaissance est un levier essentiel de succès à long terme. Peut-être que l’essor de l’IA obligera les entreprises à se réinventer en profondeur dans ces domaines, sous peine de perdre rapidement leurs marchés.

Bonne lecture et à bientôt.

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