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Les mondes du Facility Management et des Espaces de travail sont, par définition, très mobiles et évolutifs.

Vous trouverez sur ces pages des articles techniques, des nouveautés, des bilans de participations à des congrès et conférences auxquels Spaceonmove a participé ainsi que des prises de position ou “billets d’humeur” qui devraient pouvoir vous donner un éclairage particulier dans ces deux domaines. Bonne lecture.

L’IA : une révolution silencieuse, aux conséquences profondes

L’intelligence artificielle est au cœur d’une transformation mondiale progressive dont les effets, bien que souvent imperceptibles à court terme, seront profonds et multiples. Sans une préparation adéquate de la part des sociétés, des entreprises et des individus, ces changements pourraient entraîner d’importants déséquilibres économiques, sociaux et professionnels.

L’IA se distingue par sa capacité à s’intégrer de manière diffuse dans les structures sociales et économiques, sans toujours être perçue comme un agent direct de changement. Son influence est souvent indirecte, se propageant progressivement et modifiant peu à peu les comportements, les processus et les modèles économiques.

Quatre domaines clés seront particulièrement touchés :

· Les interactions entre les individus et la société · Les secteurs secondaire et tertiaire · La formation de base et continue · Les transports et le développement urbain et rural

L’individu et la société L’IA transforme les modes d’interaction entre les personnes, ainsi qu’entre les entreprises et leurs clients, fournisseurs ou employés. Elle remplace progressivement certaines tâches humaines par une automatisation plus efficace, modifiant ainsi les flux économiques, les processus organisationnels et les attentes sociales.

Les entreprises (secteurs secondaire et tertiaire) Ces secteurs sont directement touchés dans leurs chaînes de production, de logistique et de services. De nombreuses professions doivent s’adapter ou se reconvertir dans des domaines plus résilients ou en croissance. La transition ne sera pas uniforme : certains emplois disparaîtront, d’autres évolueront et de nouveaux apparaîtront.

La formation : un enjeu stratégique La formation de base, qu’elle soit technique ou universitaire, doit être repensée pour anticiper les besoins du marché dans 3 à 10 ans. Sinon, il existe un risque réel d’inadéquation entre les compétences enseignées et celles requises, ce qui compromettrait l’employabilité de certaines générations. La formation continue devient un pilier essentiel de la reconversion. Cependant, son efficacité dépendra de la capacité des systèmes éducatifs et des entreprises à aligner la formation sur les besoins réels du marché et à garantir que cette formation soit accessible à tous. L’émergence de nouvelles professions est inévitable, mais elle ne garantit pas l’inclusion de tous. Les disparités cognitives, sociales et économiques pourraient s’accentuer, menaçant l’équilibre social et renforçant les inégalités.

Transports et aménagement du territoire L’automatisation des transports (véhicules, livraisons, logistique) va révolutionner les modèles de mobilité. Dans le même temps, la réduction des déplacements physiques (télétravail, hubs locaux) pourrait redéfinir les besoins en matière d’infrastructures et d’urbanisme. Les entreprises devront repenser leurs modèles d’attractivité : comment inciter les employés à se rendre sur leur lieu de travail si le télétravail devient la norme ? Quel rôle les villes et les zones périurbaines joueront-elles dans ce nouveau paradigme ?

Vers une feuille de route pragmatique Dans des pays comme la Suisse, qui dépendent fortement de la recherche, de la formation avancée et de la valeur ajoutée, il est urgent d’élaborer une stratégie claire, réaliste et inclusive. L’objectif est d’anticiper le changement, de soutenir les transitions et d’éviter les perturbations sociales. La peur ou la panique ne doivent pas guider les décisions. Au contraire, l’objectif est de créer les conditions d’un changement de paradigme contrôlé : réglementer l’adoption de l’IA, protéger les plus vulnérables et investir massivement dans la formation, l’innovation et l’adaptation des modèles économiques.

Ce texte n’a pas pour but d’alarmer, mais d’encourager à agir. L’IA n’est pas une menace en soi, c’est une transformation. Et comme toute transformation, elle nécessite de la préparation, de la vision et de la solidarité.

Bonne lecture et à bientôt.

Billets récents

  • Le pragmatisme face à l’inflexibilité des processus standardisés

    Nous vivons une époque où l’industrialisation, la standardisation et les algorithmes dominent nos organisations.

    Les bénéfices sont indéniables : gains de productivité, sécurité, transparence. Dans 95 % des cas, ces processus rigides fonctionnent parfaitement. Mais que se passe-t-il dans les 5 % restants ?

    C’est souvent dans cette marge infime que se joue la différence entre une prestation « bonne » et une prestation « excellente ». Pourtant, face à ces cas particuliers, nous assistons trop souvent à une inflexibilité bureaucratique où le collaborateur se réfugie derrière l’excuse : « C’est le système ».

    Résultat ? Une frustration client, une perte de sens pour les équipes et des erreurs évitables. Le véritable enjeu n’est pas de rejeter la norme, mais d’intégrer du pragmatisme dès la conception : • Prévoir des solutions de contournement maîtrisées pour gérer l’imprévu sans tout bloquer. • Associer experts techniques et praticiens de terrain pour anticiper les failles. • Accepter que la rigidité totale soit l’ennemie de la satisfaction client.

    Les outils doivent rester au service de l’humain, et non l’inverse. Pour atteindre l’excellence, les dirigeants doivent faire preuve de la flexibilité intellectuelle nécessaire pour laisser une marge de manœuvre à leurs équipes.

  • Décomplexifier : tout un programme…

    La complexité est-elle devenue un objectif en soi dans nos entreprises ?

    Dans une course effrénée à la sophistication, nous confondons souvent les moyens et les fins.

    Quelques exemples à éviter :

    • Multiplier les versions d’une présentation pour la forme. • Ajouter des indicateurs techniques que personne n’exploite. • Créer des processus lourds qui font perdre de vue l’objectif final.

    Le résultat ? Une perte de temps colossale et des coûts qui explosent.

    Il ne s’agit pas de revenir à l’âge de pierre, mais d’appliquer un bon sens trop souvent oublié : le principe KISS (Keep It Simple and Smart). Avant d’ajouter une couche de complexité, posons-nous la seule question qui vaille : « De quoi parle-t-on vraiment ? »

    La vraie performance ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la clarté de l’intention. Que ce soit pour un pianiste, un horloger ou un manager, c’est le résultat final qui donne du sens à la technique, et non l’inverse.

    Et vous, quel est le processus inutilement complexe que vous aimeriez simplifier demain ?

  • Le travail : entre dévalorisation sociale et source de sens

    Le travail, ce n’est pas qu’un contrat. C’est un espace de sens, de construction identitaire, de reconnaissance — et parfois, de passion.

    Pourtant, dans le discours public comme dans les conversations quotidiennes, il est souvent réduit à une corvée, un mal nécessaire, voire un lieu d’aliénation. Ce décalage entre la réalité vécue par beaucoup et la représentation sociale du travail mérite d’être interrogé.

    Quand les conditions de travail sont saines, les relations humaines respectueuses, et les objectifs partagés, le travail devient un levier de motivation — même dans les métiers les plus concrets ou les moins valorisés socialement.

    Les PME, notamment dans l’industrie, en bénéficient souvent naturellement : chaque geste a un impact visible. Mais dans les grands groupes ou le tertiaire, il faut construire activement ce lien entre mission et quotidien — par la transparence, la reconnaissance, et la valorisation des petites victoires.

    Le défi n’est pas de rendre le travail « idéal », mais de lui redonner sa dignité — et son utilité humaine.

  • Il y a consultant et consultant…

    Dans un monde où le mot “consultant” fait souvent grincer des dents — surtout en entreprise —, il est temps de nuancer. Oui, les consultants peuvent apporter une valeur réelle. Mais à une condition : savoir les choisir, les définir, et surtout, savoir pourquoi on les appelle. Il n’y a pas un consultant, mais des consultants. Et chaque profil a sa place — stratégique, tactique, opérationnel. Mais attention : sur le plan opérationnel, un consultant est souvent mal placé. Là, on a besoin de spécialistes qui font, pas de ceux qui font faire.

    Avant d’appeler un consultant, 5 questions essentielles :

    1. Est-ce que son ADN correspond à mon besoin ? Beaucoup disent tout faire. Peu le font bien. Vérifiez l’expertise réelle — pas le CV marketing.
    2. Suis-je prêt à agir sur ses recommandations ? Si la réponse est non, inutile de l’engager. Un consultant n’est pas un décorateur de stratégie.
    3. Mon organisation est-elle prête à accueillir un “inquisiteur” ? Un consultant, c’est aussi un miroir. Et parfois, on n’aime pas ce qu’on y voit.
    4. Est-il capable de s’adapter à mon contexte — ou vient-il avec ses “recettes toutes faites” ? Le “copier-coller” entre clients, c’est le début de l’échec.
    5. Y a-t-il une chimie humaine ? Une relation de force dès le départ = un projet condamné.
    6. Pour les grandes entreprises : Le consultant est souvent un “sceau de légitimité” — juridique, stratégique, politique. Leur client, ce n’est pas toujours celui qui travaille sur le terrain, mais celui qui signe le chèque.

    Pour les PME : C’est autre chose. Ici, on cherche du pragmatisme, de la proximité, de la réalité vécue. Pas des théories à 20 % d’économie miracle, mais des solutions adaptées au terrain, coconstruites, et surtout, applicables. Mon constat, après 7+ ans d’accompagnement de PME et de startups : Ce qui a fait la différence, ce n’était pas mon “programme”. C’était mon parcours, mes expériences concrètes, ma capacité à comprendre les enjeux réels — et à trouver des compromis entre l’ambition et la réalité.

    Trois convictions fortes :

    1. Il y a de la place pour tous dans le consulting — à condition de se positionner avec clarté et authenticité.
    2. Le client doit se connaître afin de savoir quel type de consultant il lui faut.
    3. Les PME méritent des solutions clés en main, loin des grands discours théoriques et des modèles standardisés.

    Tirer à boulet rouge sur le consulting, c’est faire l’impasse sur un outil puissant — mal utilisé, parfois, mais rarement inutile. Le vrai défi ? Choisir avec intelligence, s’engager avec humilité, et agir avec détermination.

  • La planification de la relève : un pilier trop souvent négligé

    Dans beaucoup d’entreprises — même de taille moyenne à grande — la planification de la relève est encore traitée comme un “exercice de gestion”… plutôt que comme un levier de gouvernance et de résilience.

    Pourtant, anticiper les transitions, former les futurs leaders, et communiquer clairement sur les potentiels : c’est du bon sens managérial. Et ce n’est pas une question de “glamour” — c’est une question de confiance, de transparence et de performance durable. Beaucoup de dirigeants disent que cela se fait “intuitivement”. Mais sans formalisation, sans communication, cela devient un terrain de rumeurs, de frustrations… et parfois, de démissions passives.

    J’ai vécu pendant des années ces discussions de relève — et je les ai toujours trouvées riche en débats stratégiques : objectifs, compétences, mobilités, formations, positionnement… et surtout, alignement des attentes.

    Depuis 2019, j’observe trop d’entreprises qui évitent le sujet — au risque de voir leur efficacité opérationnelle s’éroder. Le secret, les non-dits, les rumeurs sur les promotions : ce n’est pas de la gestion — c’est du désengagement en cours.

    “Les plans changent tout le temps” ? Peu importe. Le fait d’en avoir un — même évolutif — est un gage de sérieux. Pour les équipes, c’est aussi un signal de stabilité : on ne choisit pas au hasard, ni par affinité.

    Oui, cela demande du temps. Mais c’est une assurance stratégique : on ne souscrit pas une assurance incendie en espérant que la maison brûle. On le fait pour être prêt si le pire arrive.

  • Croissance, croissance…

    La croissance fait partie intégrante de l’ADN humain et constitue l’un des fondements de notre système économique. Lorsqu’elle est mesurée, structurée et durable, elle contribue à la stabilité des marchés et au développement harmonieux des économies. Progresser, innover et explorer de nouveaux horizons est non seulement légitime, mais nécessaire.

    Cependant, depuis plusieurs décennies, la croissance s’est souvent transformée en une course exponentielle, portée par des modèles économiques de moins en moins alignés avec les enjeux de durabilité, de gouvernance et les attentes des citoyens. La recherche du volume à tout prix, les rendements à court terme et les tensions géopolitiques fragilisent un équilibre économique déjà précaire. Pourtant, d’autres voies existent. De nombreuses PME démontrent qu’une croissance maîtrisée, axée sur la qualité, la stabilité de l’emploi et la satisfaction des clients, constitue un levier essentiel pour des économies locales et régionales solides. Ces modèles, moins spectaculaires mais plus résilients, méritent d’être davantage valorisés.

    Repenser collectivement notre rapport à la croissance n’est pas un frein au progrès, mais une condition de sa pérennité.

  • Immobilier : victime ou bénéficiaire de l’IA…

    L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un facteur de transformation majeur du secteur immobilier. À la fois opportunité et source de disruption, elle modifie déjà la gestion des bâtiments, notamment via le Facility Management, grâce à l’exploitation massive des données et à l’automatisation des processus.

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