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Articles, news et prochains evenements

Les mondes du Facility Management et des Espaces de travail sont, par définition, très mobiles et évolutifs.

Vous trouverez sur ces pages des articles techniques, des nouveautés, des bilans de participations à des congrès et conférences auxquels Spaceonmove a participé ainsi que des prises de position ou “billets d’humeur” qui devraient pouvoir vous donner un éclairage particulier dans ces deux domaines. Bonne lecture.

Le pragmatisme face à l’inflexibilité des processus standardisés

L’industrialisation massive, la standardisation, la codification informatique et l’omniprésence des algorithmes offrent des avantages indéniables. Toutefois, ils engendrent des biais qu’il devient de plus en plus difficile de contourner.

De nombreux processus sont devenus totalement inflexibles, voire contre-productifs. Guidés par des outils rigides, des normes strictes et des impératifs de conformité (compliance), ils interdisent toute déviation, aussi minime soit-elle. Faut-il s’en inquiéter ?

Dans la grande majorité des cas — estimons ce taux à 95 % —, ces processus font leurs preuves. Ils génèrent des gains de temps et de productivité, tout en apportant rigueur, sécurité et transparence. Reste cependant la question cruciale des 5 % restants.

Les plus rigoristes argueront que 5 % est négligeable dans un processus industriel ou technique. C’est pourtant souvent ce qui fait la différence, aux yeux des clients et partenaires, entre une prestation jugée « bonne » et une prestation « excellente ». Ces fameux 5 % coûtent généralement très cher, mais ils sont parfois indispensables pour atteindre l’excellence.

Si certains secteurs de l’économie peuvent se satisfaire de la règle du « 80-20 », d’autres doivent impérativement viser les 100 %, notamment pour des raisons de sécurité. Nous n’évoquons pas ces cas particuliers, qui constituent finalement des exceptions.

Le véritable problème surgit dans la vie quotidienne, lorsque le consommateur se heurte à un rigorisme digne des pires bureaucraties, où règnent l’inflexibilité et l’arrogance d’un pouvoir de refus systématique.

Dans de nombreuses entreprises, le manque de souplesse de certains processus est paradoxalement perçu comme un avantage par les collaborateurs : il leur permet de se retrancher derrière le sacro-saint principe du « c’est le système ». Le pragmatisme a-t-il encore sa place dans un environnement de plus en plus normé et rigide ?

Nous en sommes convaincus. La très grande majorité des employés souhaitent agir correctement et apporter une valeur ajoutée à leurs clients, partenaires et prestataires. Encore faut-il que les « systèmes » le leur permettent.

Lors de la conception des flux, des processus et de la programmation des applications, il est essentiel de prévoir des « portes dérobées ». Celles-ci doivent permettre de résoudre des cas de figure imprévus sans bloquer l’ensemble de la chaîne. Cela exige une connaissance parfaite des outils, mais surtout une compréhension approfondie des besoins des clients, fournisseurs et autres interlocuteurs.

Lors de la constitution d’un groupe de travail chargé d’élaborer un nouveau processus, il est donc indispensable de faire appel non seulement à des experts techniques, mais aussi à des praticiens capables de déceler les éventuelles failles du système. Chaque membre a sa mission, mais tous doivent être capables de jouer en équipe.

C’est à ce prix que les processus demeureront vivables pour les clients, les prestataires, les fournisseurs et le personnel interne. Le pragmatisme permet souvent d’éviter des erreurs grossières, même dans les meilleurs systèmes ou applications actuels.

Le pragmatisme a donc encore un avenir, à condition que les dirigeants fassent preuve de la plasticité intellectuelle minimale requise pour l’admettre et le mettre en œuvre.

Bonne lecture et bonne préparation.

Billets récents

  • Décomplexifier : tout un programme…

    La complexité est-elle devenue un objectif en soi dans nos entreprises ?

    Dans une course effrénée à la sophistication, nous confondons souvent les moyens et les fins.

    Quelques exemples à éviter :

    • Multiplier les versions d’une présentation pour la forme. • Ajouter des indicateurs techniques que personne n’exploite. • Créer des processus lourds qui font perdre de vue l’objectif final.

    Le résultat ? Une perte de temps colossale et des coûts qui explosent.

    Il ne s’agit pas de revenir à l’âge de pierre, mais d’appliquer un bon sens trop souvent oublié : le principe KISS (Keep It Simple and Smart). Avant d’ajouter une couche de complexité, posons-nous la seule question qui vaille : « De quoi parle-t-on vraiment ? »

    La vraie performance ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la clarté de l’intention. Que ce soit pour un pianiste, un horloger ou un manager, c’est le résultat final qui donne du sens à la technique, et non l’inverse.

    Et vous, quel est le processus inutilement complexe que vous aimeriez simplifier demain ?

  • Le travail : entre dévalorisation sociale et source de sens

    Le travail, ce n’est pas qu’un contrat. C’est un espace de sens, de construction identitaire, de reconnaissance — et parfois, de passion.

    Pourtant, dans le discours public comme dans les conversations quotidiennes, il est souvent réduit à une corvée, un mal nécessaire, voire un lieu d’aliénation. Ce décalage entre la réalité vécue par beaucoup et la représentation sociale du travail mérite d’être interrogé.

    Quand les conditions de travail sont saines, les relations humaines respectueuses, et les objectifs partagés, le travail devient un levier de motivation — même dans les métiers les plus concrets ou les moins valorisés socialement.

    Les PME, notamment dans l’industrie, en bénéficient souvent naturellement : chaque geste a un impact visible. Mais dans les grands groupes ou le tertiaire, il faut construire activement ce lien entre mission et quotidien — par la transparence, la reconnaissance, et la valorisation des petites victoires.

    Le défi n’est pas de rendre le travail « idéal », mais de lui redonner sa dignité — et son utilité humaine.

  • Il y a consultant et consultant…

    Dans un monde où le mot “consultant” fait souvent grincer des dents — surtout en entreprise —, il est temps de nuancer. Oui, les consultants peuvent apporter une valeur réelle. Mais à une condition : savoir les choisir, les définir, et surtout, savoir pourquoi on les appelle. Il n’y a pas un consultant, mais des consultants. Et chaque profil a sa place — stratégique, tactique, opérationnel. Mais attention : sur le plan opérationnel, un consultant est souvent mal placé. Là, on a besoin de spécialistes qui font, pas de ceux qui font faire.

    Avant d’appeler un consultant, 5 questions essentielles :

    1. Est-ce que son ADN correspond à mon besoin ? Beaucoup disent tout faire. Peu le font bien. Vérifiez l’expertise réelle — pas le CV marketing.
    2. Suis-je prêt à agir sur ses recommandations ? Si la réponse est non, inutile de l’engager. Un consultant n’est pas un décorateur de stratégie.
    3. Mon organisation est-elle prête à accueillir un “inquisiteur” ? Un consultant, c’est aussi un miroir. Et parfois, on n’aime pas ce qu’on y voit.
    4. Est-il capable de s’adapter à mon contexte — ou vient-il avec ses “recettes toutes faites” ? Le “copier-coller” entre clients, c’est le début de l’échec.
    5. Y a-t-il une chimie humaine ? Une relation de force dès le départ = un projet condamné.
    6. Pour les grandes entreprises : Le consultant est souvent un “sceau de légitimité” — juridique, stratégique, politique. Leur client, ce n’est pas toujours celui qui travaille sur le terrain, mais celui qui signe le chèque.

    Pour les PME : C’est autre chose. Ici, on cherche du pragmatisme, de la proximité, de la réalité vécue. Pas des théories à 20 % d’économie miracle, mais des solutions adaptées au terrain, coconstruites, et surtout, applicables. Mon constat, après 7+ ans d’accompagnement de PME et de startups : Ce qui a fait la différence, ce n’était pas mon “programme”. C’était mon parcours, mes expériences concrètes, ma capacité à comprendre les enjeux réels — et à trouver des compromis entre l’ambition et la réalité.

    Trois convictions fortes :

    1. Il y a de la place pour tous dans le consulting — à condition de se positionner avec clarté et authenticité.
    2. Le client doit se connaître afin de savoir quel type de consultant il lui faut.
    3. Les PME méritent des solutions clés en main, loin des grands discours théoriques et des modèles standardisés.

    Tirer à boulet rouge sur le consulting, c’est faire l’impasse sur un outil puissant — mal utilisé, parfois, mais rarement inutile. Le vrai défi ? Choisir avec intelligence, s’engager avec humilité, et agir avec détermination.

  • La planification de la relève : un pilier trop souvent négligé

    Dans beaucoup d’entreprises — même de taille moyenne à grande — la planification de la relève est encore traitée comme un “exercice de gestion”… plutôt que comme un levier de gouvernance et de résilience.

    Pourtant, anticiper les transitions, former les futurs leaders, et communiquer clairement sur les potentiels : c’est du bon sens managérial. Et ce n’est pas une question de “glamour” — c’est une question de confiance, de transparence et de performance durable. Beaucoup de dirigeants disent que cela se fait “intuitivement”. Mais sans formalisation, sans communication, cela devient un terrain de rumeurs, de frustrations… et parfois, de démissions passives.

    J’ai vécu pendant des années ces discussions de relève — et je les ai toujours trouvées riche en débats stratégiques : objectifs, compétences, mobilités, formations, positionnement… et surtout, alignement des attentes.

    Depuis 2019, j’observe trop d’entreprises qui évitent le sujet — au risque de voir leur efficacité opérationnelle s’éroder. Le secret, les non-dits, les rumeurs sur les promotions : ce n’est pas de la gestion — c’est du désengagement en cours.

    “Les plans changent tout le temps” ? Peu importe. Le fait d’en avoir un — même évolutif — est un gage de sérieux. Pour les équipes, c’est aussi un signal de stabilité : on ne choisit pas au hasard, ni par affinité.

    Oui, cela demande du temps. Mais c’est une assurance stratégique : on ne souscrit pas une assurance incendie en espérant que la maison brûle. On le fait pour être prêt si le pire arrive.

  • Croissance, croissance…

    La croissance fait partie intégrante de l’ADN humain et constitue l’un des fondements de notre système économique. Lorsqu’elle est mesurée, structurée et durable, elle contribue à la stabilité des marchés et au développement harmonieux des économies. Progresser, innover et explorer de nouveaux horizons est non seulement légitime, mais nécessaire.

    Cependant, depuis plusieurs décennies, la croissance s’est souvent transformée en une course exponentielle, portée par des modèles économiques de moins en moins alignés avec les enjeux de durabilité, de gouvernance et les attentes des citoyens. La recherche du volume à tout prix, les rendements à court terme et les tensions géopolitiques fragilisent un équilibre économique déjà précaire. Pourtant, d’autres voies existent. De nombreuses PME démontrent qu’une croissance maîtrisée, axée sur la qualité, la stabilité de l’emploi et la satisfaction des clients, constitue un levier essentiel pour des économies locales et régionales solides. Ces modèles, moins spectaculaires mais plus résilients, méritent d’être davantage valorisés.

    Repenser collectivement notre rapport à la croissance n’est pas un frein au progrès, mais une condition de sa pérennité.

  • Immobilier : victime ou bénéficiaire de l’IA…

    L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un facteur de transformation majeur du secteur immobilier. À la fois opportunité et source de disruption, elle modifie déjà la gestion des bâtiments, notamment via le Facility Management, grâce à l’exploitation massive des données et à l’automatisation des processus.

  • Qui trop embrasse mal étreint…

    Dans un monde professionnel où l’on valorise l’hyperactivité et l’omniprésence, beaucoup finissent par « trop embrasser et mal étreindre ». Être partout, tout le temps, ne garantit ni la qualité ni l’efficacité.

    Le management exige au contraire de prioriser, de prendre du recul et de trouver le juste équilibre entre vision globale et compréhension opérationnelle. Ni micro-management, ni pilotage « hélicoptère » : chaque dossier et chaque collaborateur nécessite un niveau d’implication différent.

    J’ai constaté au fil de ma carrière que l’efficacité managériale repose sur une réalité simple : on pilote mieux ce que l’on a un jour pratiqué. Les organisations gagnent à accompagner leurs managers — parachutés ou non — afin qu’ils développent un leadership authentique, surtout dans les moments de tension, où la véritable nature ressort.

    Le véritable défi du management aujourd’hui ? Se concentrer sur l’essentiel pour mieux soutenir les équipes et conduire l’action.

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