Cette publication, en ce début d’année, prend une tonalité particulière. L’article que j’avais préparé — centré sur la technique, les espaces de travail et l’avenir — n’a plus sa place ici. Les circonstances nous invitent à la retenue, au respect et à l’empathie.
Ce qui s’est produit en Valais le 1er janvier dépasse les mots. Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches, à leurs amis. Beaucoup d’entre nous connaissent des personnes touchées, directement ou indirectement. Nous sommes avec elles. Nous pensons aussi aux primo-intervenants, aux secouristes, à tous ceux qui, dans l’urgence, ont déployé une chaîne de solidarité exemplaire.
On parle souvent du « temps du deuil » et du « temps de la reconstruction ». Nous n’en sommes pas encore là. La journée de deuil national du 9 janvier a peut-être, dans un espoir fragile, permis un premier pas vers l’acceptation de l’inacceptable.
L’indulgence, le laxisme en matière de sécurité — jamais tolérables — ont été tragiquement confirmés par cet événement. Honteusement. Cyniquement. Car la technique existe. Les connaissances sont là. Les solutions, éprouvées depuis des décennies. Alors, pourquoi ?
Le temps de la justice viendra. Mais déjà, une colère sourde monte — légitime — face à un drame qui n’aurait jamais dû se produire dans un pays réputé pour sa rigueur, sa fiabilité, son respect des règles et des contrôles. L’incompréhension est immense. Les attentes, justifiées : la chaîne de manquements, à plusieurs niveaux, est inacceptable.
Par respect pour les jeunes victimes — décédées ou blessées — et leurs familles, nous devons, avec tact mais détermination, reconstruire un avenir plus sûr. Un avenir apaisé, pour cette génération meurtrie.
Espérons que cette tragédie nous incitera à agir avec plus de conséquence : à imposer plutôt qu’à suggérer, à investir plutôt qu’à réfléchir, à contrôler plutôt qu’à déléguer, à sanctionner plutôt qu’à avertir. C’est à ce prix que nous éviterons le pire. L’être humain, dans ses blessures, trouve toujours un chemin pour avancer. Même si, au fond de nos cœurs, quelque chose s’est brisé ce 1er janvier.
Au-delà des blessés et de leurs familles, le temps long commence. Autorités fédérales, cantonales, communales, entreprises, concepteurs, responsables de sécurité, autorités de surveillance : nous devons tous, rapidement, proposer des améliorations concrètes — et les contrôler. Encore et encore.
Bien en pensée. À bientôt.